Le Vêtement, ancré dans le geste, la matière et l’usage

Formée en stylisme et modélisme à Vienne (Autriche), j’ai développé une approche rigoureuse du vêtement, fondée sur la maîtrise des volumes, l’exigence de la coupe, la connaissance des matières et la qualité d’exécution.

J’ai ensuite enrichi mon parcours à l’École Duperré à Paris, où j’ai développé un regard plus conceptuel et critique sur la création en arts appliqués.

Aujourd’hui designer-artisane, mon atelier est installé à Lille, et j’y développe une pratique du vêtement ancrée dans le geste, la matière et l’usage.

LE GESTE

Aujourd’hui, je développe une pratique du vêtement fondée sur des procédés de fabrication attentifs au geste et aux savoir-faire présents dans le domaine du textile. De même, l’ensemble des étapes du développement — de la conception au montage du vêtement — est réalisé au sein de l’atelier, incluant la mise au point des volumes, le choix et la préparation des matières, ainsi que les opérations d’assemblage et de finition.

Cette approche globale engage un dialogue constant entre la main, la matière et la forme. Le travail du tombé, ainsi que les volumes amples — volontairement oversize — dessinent des silhouettes aux lignes stylisées, contemporaines et décontractées. Ces choix formels sont directement liés à une sélection rigoureuse des matières, selon leurs propriétés et leur tenue, en lien avec la mise en forme du vêtement et ses usages.

LA MATIÈRE

Au-delà de la forme, la matière est plus qu’un simple support : elle constitue l’un des axes centraux de mon travail. Je privilégie des textiles issus de filières engagées dans la préservation et le développement de savoir-faire locaux, avec une attention particulière portée à l’origine, à la qualité et aux conditions de fabrication.

J’accorde également une place importante aux fibres recyclées ainsi qu’à l’utilisation de stocks dormants, intégrés comme des ressources à part entière dans le processus de création.

Parallèlement, je mène une recherche autour de la valorisation des chutes et des matériaux délaissés. Cette réflexion se traduit par un travail sur les assemblages, les applications et les reprises, mobilisant aussi bien des procédés contemporains que des savoir-faire traditionnels, dans une logique d’expérimentation et de transformation de la matière.

L’USAGE

Enfin, mon travail s’inscrit dans une attention constante portée à l’usage réel du vêtement. À contre-courant des garde-robes standardisées, je développe des ensembles pensés pour être portés, combinés et réinterprétés selon les situations, les contextes et les rythmes de vie.

Les pièces sont conçues pour répondre à des usages variés. Cette approche permet de construire un vestiaire polyvalent, modulable et durable, organisé selon un principe de strates ou de superposition, où chaque pièce est pensée en relation avec les autres.

Cette réflexion se traduit par une bibliothèque de volumes vestimentaires, conçus pour être essayés, manipulés et associés librement. Réalisée en coton biologique écru, tissé en France, cette bibliothèque offre une expérience directe du vêtement et permet à chaque personne de choisir une forme en lien avec sa morphologie, ses usages, ses goûts et ses envies, avant d’engager la réalisation de la pièce dans la matière définitive.

Ce dispositif est notamment mobilisé pour les pièces singulières, développées à la commande, lorsque le choix de la forme s’articule à celui des matières, à partir d’une sélection de textiles disponibles à l’atelier.

Quatre vêtements en coton brut suspendus à une barre métallique dans un espace minimaliste baigné de lumière naturelle, représentant des formes variées de kimono, veste et chemise.

Mon activité est déclarée auprès de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat, dans le domaine des métiers d’art. En effet, ma pratique est inscrite dans le champ de l’artisanat d’art, entendu comme un engagement dans le faire, la maîtrise des gestes et une attention portée à la qualité et à la durée des pièces.

Loin d’une approche figée ou patrimoniale, l’artisanat est ici envisagé comme un cadre de travail vivant, permettant d’articuler conception, fabrication et recherche autour du vêtement.